Internet est grand, je suis toute petite :
. Post Secret
. Loïc
. Lise
. Eliath
. Mlle Vie
. Mélie
. Pas perdus
. Un jour à Paris
. Lewis Trondheim
. David Sire
. The Berg sans nipple
. Hatrack River




. j'essaie d'utiliser mon cerveau.






(emmylouh [à] gmail.com)

qui mesure notre émoi

27 novembre 2007

Quand Paris m'a prise par le coeur, j'ai vu des silences plus grands que ses boulevards. Des silences bordés de caniveaux sans fond, avec l'angoisse aux feuilles mortes et du vertige à m'en extraire les veines. Paris m'a parlé de sentiments et je l'ai crue, chaque fois. Le murmure glissé, plaqué aux tympans, pour les rues qui se déversaient et les échanges de peaux. Les phrases avortées et les genoux repliés, c'était le goût de boue sous le glaçage croquant. C'était l'amertume de cette impression que la réalité nous floue. C'était le souffle court et les mâchoires serrées et attendre et ne pas pleurer et pleurer et ne plus attendre. C'était la complicité gâchée, les peaux tendues. Les peaux frémissantes, paupières closes, portes qui claquent, Paris parle sans les mots. Paris parle de baisers salés. Paris parle d'échecs et d'absences.

Quand Paris m'a prise par la raison, j'ai respiré très fort et j'ai attendu qu'elle me touche encore. Des grandes façades et des mythes à caresser, les lumières imprégnées aux pupilles et le bitume qui résonne du camaïeu des possibles. Paris m'a parlé de futur, et je l'ai écoutée. Et je l'ai voulue. Et j'ai eu peur. Et j'ai écouté encore. Et le vertige de l'inconnu, et l'angoisse du néant, et l'attente, et l'après qui ne vient pas, et l'obscurité s'épaissit, et les pieds buttent contre les trottoirs, et je me noie. Prise dans les filets d'un pêcheur, je retrouve l'air ou je replonge. Le camaïeu des possibles, c'est l'infini de l'indécision, avec le doute qui taraude et qui coupe la respiration et qui coupe les vivres jusqu'aux larmes qui explosent. A la nuit tombée et sous le couperet, Paris me regarde pleurer et suffoque. Paris me regarde pleurer quand les manques s'assombrissent. Paris me regarde pleurer la frayeur indicible d'être toute petite dans un univers infiniment grand et instable.

Et puis, Paris me prend par la main, elle se dénude un peu, elle me parle. Elle se montre et se retourne, elle se cache. Elle place des surprises au bout des lignes de métro et des douceurs dans les tasses. Paris a l'attente douce et les sourires tendres, aussi, parfois.


every possible mistake.

23 novembre 2007

Petit à petit, le milieu bourgeois dans lequel j'évolue depuis environ deux mois me fait de moins en moins sourire. Ce qui m'avait surprise m'agace, ce qui m'agaçait me révulse. Les grandes lignes sobres et élégantes des immeubles me laissent indifférente, les gens portent leur prétention comme des médailles et les raisons de leur existence, les enfants restent coincés dans mon oesophage et je n'éprouve plus le moindre plaisir à acheter des tomates et du pq avec un billet de 50€.

La semaine dernière, en arrivant sur l'avenue de Clichy, j'ai eu l'impression de voir revivre la ville. Que le bitume s'éveillait et que tout me prenait d'assaut. Par la peau, par les yeux, par le nez. Partout. Il y en avait partout. J'ai pensé c'est quand même beaucoup moins figé et l'existence avait l'air beaucoup plus réelle qu'au milieu des grands et beaux immeubles immobiles, silencieux. Et snobs.

Paris, je t'aime, mais pas ici (et probablement pas maintenant).



Le repas équilibré du vendredi soir : raviolis en boîte + Frutos noix de coco et Prince Petit dej.
(Oui, je mange des Princes petit dej au dîner. Et aussi aux autres moments. Le Prince Petit dej est la base de mon alimentation.)

loin de ma maison, à Paris.

19 novembre 2007

Même si toutes les choses se débrouillent pour ne pas fonctionner comme il faut et aller toujours dans le mauvais sens, même si tout tombe à l'eau et que je me découvre plus de "je ne veux jamais" que de destinée(s) (im)probable(s), je suis encore persuadée d'avoir fait le bon choix et qu'il vaut mieux que je pleure un peu en trouvant tout ça trop dur, que j'aimerais bien que ma maman soit près de moi, que je me sens seule ou que j'en ai marre, plutôt que rester prostrée en me demandant ce qui me manque et de quelle couleur est le néant qui m'attend.

(Je vais perdre mon job à la fin du mois.)
(Honnêtement, j'en ai rien à foutre.)


Ce n'est ni un mythe ni un mensonge, lorsque l'on dit que les choses désagréables arrivent toutes en même temps. Les livreurs attendent d'avoir un paquet qui vale le déplacement. Cette fois, ils me livrent des tristesses, des absences, des risques et des peurs pour les lendemains, pendant qu'il ne fait pas beau dehors, que les transports ont disparu pour qu'on ne puisse pas trouver de réconfort et que j'ai mes règles.

jesse james.

18 novembre 2007

(Rien n'est si insurmontable, finalement.)
(Il faut vraiment que j'arrête de paniquer pour des bêtises.)

J'aimerais que l'on puisse ne pas avoir de problèmes de distance(s), être là quand il le faut, trouver les épaules pour appuyer la tempe, déposer des douceurs, regarder dans les yeux, la présence silencieuse, avoir les mots et les rires que l'on désire, avoir le reste aussi.

you learn.

15 novembre 2007

(angine et radiateur) => (cauchemards) <=> (mauvaise nuit)
(angine et mauvaise nuit) => (8*6=46) [1]

C'est mathématique.

...

[1] Mais je comprends pas pourquoi je trouve pas 45... 8 fois 6, ça fait 46 moins 3 ça fait 43, pas 45. Et 1 fois 3 ça fait bien 3 pas 1. Roh. Mais. Dieu, envoie moi une calculatrice, j'en ai marre.

est-ce que nous deux, c'est immense ?

12 novembre 2007

Je me sens tellement perdue et nulle part que j'ai du mal à agir partout.

J'ai de la léthargie plaquée à la peau, tout semble tellement tellement difficile à atteindre que je voudrais, encore, pouvoir rester roulée en boule dans un grand lit et attendre que le ciel explose. J'ai l'impression d'être une minuscule ridicule petite brindille au bord d'un chemin, avec de grands beaux arbres autour de moi. Des majestueux, des lumineux, des élancés, des infiniment plus solides que moi mais auxquels jamais je ne peux grimper. Je trouve que les brindilles, c'est plutôt sympa, mais j'aimerais être un caillou et qu'on me ramasse, qu'on me perde ; j'aimerais être une petite plante et respirer fort puis mourir vite et trouver les grands arbres plus prétentieux que beaux.

L'inconnu m'attire.
L'échec me terrorise.

Alors, je ne sais pas quoi faire. Nulle part.

Je cherche toujours un futur. Partout.



Bon, sinon, dans les nouvelles du front "mon job pue" : j'aime pas ces gosses, et ils me le rendent bien \o/.

Fille : Tes cheveux vont pas avec ta tête.
Moi : Ah ? Pourtant, j'ai toujours eu les deux ensemble.
Fille : Ouais, mais non. Parce que t'as de très beaux cheveux, alors de derrière, on pourrait croire que t'es très jolie.
Moi : Mais en fait, non ?
Fille : Ouais, en fait euh...
(... Sale garce.)
(Non, mais dans le Sud, je suis belle, et dans les quartiers chics (avec des gosses qui m'aiment pas) de Paris, je suis moche.)
(Un bon point pour le Sud.)

Garçon : Je préfère D. [la précédente nounou qui est restée 7 ans avec eux].
Moi : Je sais, tu l'as déjà dit.
Garçon : Pourquoi t'es pas gentille comme elle ?
Moi : On peut pas tout avoir.
Garçon : Mais tu vas partir, tu vas voir.
Moi : ... Si je pars D. reviendra pas, hein. Vous aurez une autre baby-sitter.
Garçon : On verra. De toute façon, quand je serai en 6e, j'aurai plus besoin de baby-sitter.
Moi : Hm.
Garçon : T'façon, l'an prochain hein....
Moi : ... J'ai pas l'intention de rester.
Garçon : Ah ouais ? On fait tout pour que tu partes, t'sais.
(Okay, je comprends mieux.)
(Je suis en CDI, t'sais quoi.)

...

du soleil sur nos fronts.

8 novembre 2007

Au début, j'avais fait un Top 3 des trucs qui craignent quand je suis plus chez Papa-Maman dans ma tête, j'avais mis :
1. le lit est vachement moins confortable ici
2. la douche craint et y a pas de toilettes
3. on s'habitue vite à ne plus être seule et on se réhabitue mal au contraire
Bonus : monter 6 étages avec une grosse valise super lourde à 22h, c'est pas super marrant.

Puis j'ai regardé le corrigé d'un exercice d'analyse complexe, et je me suis demandé où était passé mon cerveau (après avoir trouvé la réponse à "Où est passée la ligne de calcul qui me permet de trouver le raisonnement final logique vu que j'ai tout compris avant et que là y a comme un trou ?") (la réponse était "nulle part, t'es bête et tu comprends pas c'est tout, et c'est la honte (mais euh, en même temps, l'analyse ça craint et les complexes c'est un peu relou donc bon)") et surtout, surtout, pourquoi j'étais incapable de retrouver cette ivresse qui m'avait enlevé mes doutes en deuxième année.

Je n'ai pas trouvé de réponses.

Bob ne sert à rien, il est mignon mais son cerveau et le mien étant passablement fusionnels, si le mien se cavale, le sien aussi. Bob sert juste à me sentir frustrée parce que je ne comprends pas comment un truc apparaît et à quel moment j'ai été lâchement abandonnée par le raisonnement parti se développer sans moi. J'ai beau avoir (à peu près) compris tout le reste, assise, là, devant mon corrigé stupide, j'ai commencé à faire le deuil de mon destin fantastique.
(Je suis la fille qui flanche au(x) détail(s).)

Depuis deux jours, je comprends (enfin) (réellement) que je ne suis pas toute puissante, que ce n'est pas parce qu'on a un gros cerveau qu'on a une grosse destinée, que je ne changerai pas le monde parce qu'il m'a attrappée avant et qu'il fait ce qu'il veut. Que tout ça est trop et que je suis pas assez. Je me perds encore plus et je cherche quelque chose à faire, après, plus tard, pour plus longtemps, en vrai.

Vous avez du destin en rab ?
Je suis à la recherche d'un but dans ma vie.

Alors, j'ai fait une liste de ce que je sais faire :
- me taire
- lire des livres
- parler de livres
- un peu de maths
- apprendre des bidules qui servent pas à grand-chose
- organiser des machins
- être gentille et polie
- dire du mal des gens dans leur dos parce que je suis obligée d'être gentille et polie avec eux
- raconter des trucs / écouter des confidences
- un très bon gâteau au chocolat
- les listes
- tout un tas de choses qui servent à rien, quoi

Et une liste de ce que je ne sais pas faire :
- communiquer correctement
- me concentrer longtemps sur un seul truc
- me lever tôt (non, c'est pas vrai, j'aime juste pas trop ça)
- aller au bout des choses
- être sociable
- chanter / danser / dessiner / etc
- être tout le temps sympa et de bonne humeur
- manipuler du liquide sans en mettre partout (où il faut pas)
- la béchamel
- prendre des décisions / faire des choix

Parce qu'il me faut (vraiment) une vocation.
(Ou plein d'argent, alors je ferai(s) de ma vie une oeuvre d'art ultra-conceptuelle.)

empty sky.

5 novembre 2007

Depuis l'absurde à l'orée des paupières, l'absurde insidieux au bord des yeux et sur les parois des veines, avec l'envie et la nécessité d'y glisser autre chose que la redondante inutilité, vacuité, la vie ne vaut rien, cette idée sinueuse que l'on peut remplir les récipients vides, même les récipients sans fond, qu'on peut toujours y faire tomber des choses, peu importe si l'on ne les entend pas heurter le fond, peu importe de savoir si le récipient se remplira et s'il finira par déborder. Si tout ça ne sert à rien, ce n'est pas une raison pour ne pas le faire. Et puisque tout sera toujours trop fugace, autant en toucher le plus possible.
Versatile.
Doucement, j'apprends ça puis j'apprends le reste et doucement, je sais que malgré tous les sentiments et toutes les interactions humaines qui seront toujours là et qui me toucheront toujours beaucoup plus que je ne voudrais l'admettre, je ne serai toujours que par moi-même et seule et, même si entourée, avec un grillage pour me protéger du dehors.

Et on ne doit pas nourrir pas les animaux à travers la grille.






/ 09.07 / 10.07 / 11.07 / 12.07 / 01.08 / 02.08 / 03.08 et la suite.