t'es pas étanche
29 septembre 2007
- Tu as terminé tes devoirs ?
- Oui. Y avait les opérations, mais je les ai faites tout seul.
- Et t'es sûr qu'elles sont justes ?
- Bah oui.
- Parce que t'es très fort en maths ?
- Bah oui. Ma plus mauvaise note, c'est 10/10.
- Oh.
- En maths, hein. Sinon, c'est 8/10.
- Ah. Mais c'est plutôt bien, quand même.
- Ouais. J., une fois, il a eu 2/10.
- Ouais, mais il est meilleur que toi au tennis.
- Oui, c'est vrai.
Depuis quelques semaines, je parle aux gens normalement.
Ma timidité me rend attachante, nous avons inversé les rôles.
Il y avait, dans le métro, cet homme qui ressemblait tellement à A.L. dans une vingtaine d'années. Son front, son menton, ses bras, jusque dans la manière de se tenir. Il y avait le souvenir de ses traits derrière le temps passé sur son visage.
- Oui. Y avait les opérations, mais je les ai faites tout seul.
- Et t'es sûr qu'elles sont justes ?
- Bah oui.
- Parce que t'es très fort en maths ?
- Bah oui. Ma plus mauvaise note, c'est 10/10.
- Oh.
- En maths, hein. Sinon, c'est 8/10.
- Ah. Mais c'est plutôt bien, quand même.
- Ouais. J., une fois, il a eu 2/10.
- Ouais, mais il est meilleur que toi au tennis.
- Oui, c'est vrai.
Depuis quelques semaines, je parle aux gens normalement.
Ma timidité me rend attachante, nous avons inversé les rôles.
Il y avait, dans le métro, cet homme qui ressemblait tellement à A.L. dans une vingtaine d'années. Son front, son menton, ses bras, jusque dans la manière de se tenir. Il y avait le souvenir de ses traits derrière le temps passé sur son visage.
et déambulerons dans les rues de Paris
25 septembre 2007
De la fatigue vissée au crâne. Mon esprit apaisé ailleurs. Je suis comme un chien qui aurait réussi à se mordre la queue, aurait trouvé ça franchement pas marrant et serait retourné jouer avec sa balle. Mon esprit apaisé, d'ailleurs. Il s'agira de (re)trouver une place (la bonne). A les écouter parler, avant même que ça ne commence réellement, j'ai senti ce léger frémissement dans l'air, le refus. Comme si, à côté de la chambre de Bob toujours prête à l'accueillir, j'avais tenté d'aménager une nouvelle chambre et qu'au moment d'y installer réellement quelqu'un, je me rendais compte que la chambre avait disparu et que derrière la porte, il y avait un placard à balai. Je ne suis pas si cruelle. Dans sa spacieuse pièce, Bob rigolait déjà, le lundi. Il entendait le ronronnement sonnant du refus, savait qu'il avait gagné, que je finirai par m'en rendre compte. Le couperet du soir, c'était comme un énième avertissement et le destin s'acharne sur moi ou quoi ? Au matin suivant, il n'aura fallu que quelques minutes pour un accord tacite avec moi-même et reconnaître -enfin- que toute cette histoire n'était qu'une énorme erreur. Une terrible méprise. La connerie de ma vie. Une année foutue en l'air. Foutue en l'air ?
// Edit 'La vérité toute nue toute nue' : Ces cours sont exactement tout ce que j'ai fuit en allant en maths après mon bac.
Depuis que je vais bien et que je suis sereine, avec le changement nécessaire fait dans ma petite vie qui n'intéresse que moi, je n'éprouve plus le besoin d'opérer un virage à 360°. 180°, c'était tout à fait suffisant. (D'ailleurs en radians, c'est pareil. Pi sonne vachement mieux que 2Pi et il aurait fallu prendre le cercle à l'envers, ce qui est toujours, toujours une mauvaise idée.)
(J'espère surtout avoir tous les papiers pour l'annulation d'inscription.)
Et maintenant, un blog de bonne humeur 'retour sur la grande route bordée de plaines aérées et aériennes, avec l'horizon immense et intouchable, la poussière sous les semelles, l'infini à portée de main'.
(Et puis un nouveau chez-moi avec une fenêtre toute petite mais une grande et belle vue, le dôme des Invalides me saute à la figure, la ville encore plus au creux des paumes.)
// Edit 'La vérité toute nue toute nue' : Ces cours sont exactement tout ce que j'ai fuit en allant en maths après mon bac.
Depuis que je vais bien et que je suis sereine, avec le changement nécessaire fait dans ma petite vie qui n'intéresse que moi, je n'éprouve plus le besoin d'opérer un virage à 360°. 180°, c'était tout à fait suffisant. (D'ailleurs en radians, c'est pareil. Pi sonne vachement mieux que 2Pi et il aurait fallu prendre le cercle à l'envers, ce qui est toujours, toujours une mauvaise idée.)
(J'espère surtout avoir tous les papiers pour l'annulation d'inscription.)
Et maintenant, un blog de bonne humeur 'retour sur la grande route bordée de plaines aérées et aériennes, avec l'horizon immense et intouchable, la poussière sous les semelles, l'infini à portée de main'.
(Et puis un nouveau chez-moi avec une fenêtre toute petite mais une grande et belle vue, le dôme des Invalides me saute à la figure, la ville encore plus au creux des paumes.)
never gonna drown
24 septembre 2007
Je n'avais pas encore pris la mesure de toute la nouveauté qu'il allait me falloir apprivoiser. Ou bien je ne m'étais pas retrouvée face à une nouveauté aussi décalée de mon univers habituel depuis assez longtemps pour que je ne sache pas comment terminer ma phrase.
Il y a des types aux airs de vigils, des escalators pour monter aux étages supérieurs, un plafond vitré, vingt minutes de trajet entre les deux bâtiments et tout est un peu silencieux. Vendredi, il n'y avait que des femmes, debouts face à nous, jeunes et presque proches. En cherchant les toilettes, je trouvais les locaux glauques au cause de la peinture sombre. Ce matin, en entrant dans l'amphithéâtre, j'ai pensé aux grands murs clairs, aux fenêtres hautes et aux bancs en bois qui auraient eu un air un peu désuet face aux murs pleins en moquette grise, au plaqué noir et aux sièges individuels. Une heure et demie plus tard, après avoir entendu "mais en fait euh ce que je comprends pas c'est euh enfin c'est quoi un moine ?" alors qu'on me parlait de commentaire de texte, d'exposé à préparer et de lire l'histoire religieuse de l'occident, je regardais le corpus de textes en essayant de ne pas me demander où étaient passés mes repères. Ce que je ne comprenais pas, moi, c'était ce qui était en train de m'arriver et comment j'allais pouvoir me trouver là-dedans. Comment et pourquoi je retrouve presque tout mon calme et une ombre de sérénité juste maintenant, juste au moment où il m'aurait fallu autant d'incertitudes que les mois où j'en suis arrivée à cette décision. Quel genre de petit démon niche dans ma nuque pour me donner, chaque fois, envie de ce que je n'ai pas (encore ou plus) et est-ce qu'il n'aurait pas plutôt été préférable de faire comme l'avait suggéré S. ou d'avoir une machine à prévoir l'avenir, avec dans son algorithme mon inconsistance et mon instabilité.
// Edit : HAHAHA, j'ai un instinct de tous les diables, je suis une visionnaire, je lis l'avenir et je sais que le destin s'acharne à ne pas se laisser plier et J'EN AI MARRE QUE TOUT FOIRE ALORS QUE JE FAIS TOUT COMME IL FAU(drai)T.
Il y a des types aux airs de vigils, des escalators pour monter aux étages supérieurs, un plafond vitré, vingt minutes de trajet entre les deux bâtiments et tout est un peu silencieux. Vendredi, il n'y avait que des femmes, debouts face à nous, jeunes et presque proches. En cherchant les toilettes, je trouvais les locaux glauques au cause de la peinture sombre. Ce matin, en entrant dans l'amphithéâtre, j'ai pensé aux grands murs clairs, aux fenêtres hautes et aux bancs en bois qui auraient eu un air un peu désuet face aux murs pleins en moquette grise, au plaqué noir et aux sièges individuels. Une heure et demie plus tard, après avoir entendu "mais en fait euh ce que je comprends pas c'est euh enfin c'est quoi un moine ?" alors qu'on me parlait de commentaire de texte, d'exposé à préparer et de lire l'histoire religieuse de l'occident, je regardais le corpus de textes en essayant de ne pas me demander où étaient passés mes repères. Ce que je ne comprenais pas, moi, c'était ce qui était en train de m'arriver et comment j'allais pouvoir me trouver là-dedans. Comment et pourquoi je retrouve presque tout mon calme et une ombre de sérénité juste maintenant, juste au moment où il m'aurait fallu autant d'incertitudes que les mois où j'en suis arrivée à cette décision. Quel genre de petit démon niche dans ma nuque pour me donner, chaque fois, envie de ce que je n'ai pas (encore ou plus) et est-ce qu'il n'aurait pas plutôt été préférable de faire comme l'avait suggéré S. ou d'avoir une machine à prévoir l'avenir, avec dans son algorithme mon inconsistance et mon instabilité.
// Edit : HAHAHA, j'ai un instinct de tous les diables, je suis une visionnaire, je lis l'avenir et je sais que le destin s'acharne à ne pas se laisser plier et J'EN AI MARRE QUE TOUT FOIRE ALORS QUE JE FAIS TOUT COMME IL FAU(drai)T.
le rhinocéros du zoo de vincennes
18 septembre 2007
Il y a de ces longs moments blancs et sales, bras retenus au corps et dents scellées les unes aux autres, paupières lourdes, angoisse nouée, encore. Des moments sur une marche d'escalier dans une semi-obscurité, où le téléphone se tait avec un grand vide pressé. Des moments entre les murs ternes où toute petite piqûre lance sur tout l'épiderme, le silence, les fausses impressions, la fébrilité s'échappe des attentes, la fatigue prend le pas sur le souffle et la peur réintègre son habitat confortable au creux du ventre. Et sur tout l'épiderme alors, sur l'entièreté pâle de la peau tâchée, le grand rien. Ils disent que Sysiphe était heureux, que Prométhée aimait son vautour, alors roulée en boule, le vent froid sur ma peau ne rafraîchit pas mes paupières, je me dis que je dois aimer ces moments-là pour les provoquer, les voir arriver, les attendre, les prendre. Chaque fois. Puis je me relève, j'essuie le mascara qui a coulé en essayant de ne pas voir mon reflet. Et je sais. Comme c'est bête. Lentement. Loin de la déferlante de cailloux, le souffle long, je me remplis des petits soutiens que je glâne pour, auréolée de la puissance de mes talismans, pousser l'absurde angoisse dans ses derniers retranchements. J'ai ces petites lumières dans les paumes, l'air de rien, les veilleuses pour ne pas avoir peur la nuit. Pour moins de monstres sous mon lit à me picorer la force. Et moins acérées, les dents du lion à me déchirer la chair.
// Edit : j'écoute une chanson qui s'appelle "Your Algebra", c'est cool, c'est de the Shins (et c'est la faute à Loïc, c'est lui qui les a mis là) (non, mais c'est surtout cool pour le titre) (un garçon m'avait écrit une chanson amour-maths au lycée, c'était très mignon, ça s'appelait "Le théorème de mon coeur") (rien à voir).
Et puis aujourd'hui j'ai acheté Quatre filles et un jeans, le deuxième été dans une grande librairie où j'aurais pu acheter un Beckett, l'Illiade traduite par Baricco, l'Antigone de Sophocle ou des trucs avec "art contemporain" dans le titre. Si ces filles étaient mes soeurs, j'achèterais autre chose avec l'argent pour l'histoire du jeans magique et je leur expliquerais qu'un bouquin qui parle de jeans magique qui va à tout le monde, il fait une silhouette superbe devrait être donné à manger au lapin (... j'en ai lu un bout, c'était comme les forums de Kazibao (hihi)). Mais mes soeurs ne passeraient JAMAIS les trois quarts de leur temps à gazouiller avec un lapin nain, alors bon.
// Edit : j'écoute une chanson qui s'appelle "Your Algebra", c'est cool, c'est de the Shins (et c'est la faute à Loïc, c'est lui qui les a mis là) (non, mais c'est surtout cool pour le titre) (un garçon m'avait écrit une chanson amour-maths au lycée, c'était très mignon, ça s'appelait "Le théorème de mon coeur") (rien à voir).
Et puis aujourd'hui j'ai acheté Quatre filles et un jeans, le deuxième été dans une grande librairie où j'aurais pu acheter un Beckett, l'Illiade traduite par Baricco, l'Antigone de Sophocle ou des trucs avec "art contemporain" dans le titre. Si ces filles étaient mes soeurs, j'achèterais autre chose avec l'argent pour l'histoire du jeans magique et je leur expliquerais qu'un bouquin qui parle de jeans magique qui va à tout le monde, il fait une silhouette superbe devrait être donné à manger au lapin (... j'en ai lu un bout, c'était comme les forums de Kazibao (hihi)). Mais mes soeurs ne passeraient JAMAIS les trois quarts de leur temps à gazouiller avec un lapin nain, alors bon.
n'hésite pas à me contacter si tu veux
16 septembre 2007
Je voudrais prendre un bain, manger de la dinde farcie, avoir mon oreiller, boire un verre de vodka-coca avec du poivre, ne pas me faire piquer par les moustiques, avoir une vraie connexion internet pour regarder des vidéos et téléch[c'est illégal] des musiques pour mon iPod et ne pas être déconnectée tout le temps et ouvrir plus de deux onglets à la fois, qu'il y ait plus de choses intéressantes à regarder sur les chaînes hertziennes, lire d'autres livres de Kerouac, être un peu moins fainéante, recevoir des lettres.
des salades et du flan
14 septembre 2007
L'avantage de se lever tôt, c'est l'air frais et la lumière pure.
(J'avais envie de le dire.)
Cousu de fil blanc en trois étapes :
/ Fantasmes en papier.
Je ne sais plus quand j'ai entendu parler de Kerouac la première fois, mais ça fait longtemps qu'on m'évoque les road trips passionnants (et certainement éreintants) de ses bouquins. Si je n'ai jamais osé le lire avant maintenant, c'est sûrement que je savais comme ces road trips me feraient envie.
Les Clochards Célestes de Kerouac sont étrangement fascinants et drôles. Et oui, bien sûr, leurs road trips me font vraiment envie. Cette route qui défile, la vie légère et sans autre but qu'elle-même, l'auto-suffisance et le rien-faire, c'est terriblement attractif. Cette route qui défile, c'est la liberté sous les semelles, la liberté au bitume et à chaque caillou, la liberté suprême.
Kerouac écrit avec malice et légèreté, les mots fluides défilent exactement comme l'asphalte sous les pieds. A température variable, claquants, déroulants, attendus. Il y a du sauvage et de la poussière, les sensations ont le goût du vécu et les images s'imprègnent dans les paupières comme si elles étaient des restes de nos propres souvenirs.
J'aime à penser qu'un jour, je ferai pareil (sans l'option bouddhisme), avec le monde autour de moi mais sans qu'il me touche.
Ah et puis, je ne saurais pas expliquer pourquoi (c'est comme ça, c'est tout), mais le Seeger Session de Springsteen (ou bien Ben Harper) me semble(nt) beaucoup mieux coller à ce bouquin que Vangelis. (C'était un message personnel.)
[ http://www.eleves.ens.fr/home/colonna/poemes/kerouac.html ]
/ Tout petit petit petit.
Des escaliers qui montent et des escaliers qui descendent, une expo avec de l'art et des nanotechnologies dedans.
(C'est rigolo.)
De troublantes vidéos frémissantes au milieu d'un paysage sonore tout aussi troublant, bouts de pièces hypnotiques un peu obscures où il (m')est à peu près impossible de faire autre chose que rester là à regarder et écouter sans trop pouvoir bouger pendant de longues minutes.
Des 'Femme invisibles', langoureuses sur écrans dans une salle très sombre, et qui donnent l'impression d'être suspendues au milieu de l'air, un relief étonnant et impalpable donc un vertige gênant.
Aussi (et surtout), ces projections sur un sol noir, des lettres dorées qui semblaient surgir du sol et se précipiter vers nous, puis peu à peu, former des textes (minuscules) joliment poétiques. L'hypnotique de l'image, celle du texte, celle du mystère de cette sensation franche, même si on les voit les petits projecteurs, que le texte s'échappe du sol noir puis se réfugie au creux de la main et parle.
Les nanotechnologies, c'est (tout petit) très intriguant et intéressant, déjà dans leur état naturel, encore plus couplées à l'art. Mais, bien sûr, c'est à peu près aussi compliqué que beau, je n'ai lu les panneaux qu'en travers mais je pense que j'y retournerai (avec Doki, elle veut y aller) pour ne plus me laisser juste fasciner par l'art et écouter mon côté (attention gros mot) scientifique essayer de comprendre.
Parce que si les arts envoûtent et réjouissent l'oeil (et l'âme) (mais oui), les sciences, quand même, c'est un peu elles qui donnent un côté rationnel (et donc un peu rassurant) au côté : oh, ouais, super, je suis tout petite et insignifiante face à l'infini -l'infiniment grand et l'infiniment petit.
[ http://www.art-outsiders.com/ ]
/ Comment jouer la garde-malade peut avoir un goût de révolution culturelle.
La télé, dans sa grande bonté, m'a permis de regarder un film tout à fait étonnant.
"Comme une bête" (de Patrick Schulmann).
Intriguée par les très forts et caricaturaux accents marseillais qui s'échappaient du poste de télévision, j'ai délaissé l'énorme livre sur Dali que je parcourais pour m'intéresser aux images en mouvement en face de moi.
Le port, de nuit, trois ou quatres gars genre petite frappe venus piquer des trucs et un type, l'air abruti, la voix ahurie, tout en innocence naïve et agileté de singe qui les en empêchera (un peu malgré lui). Ici et là et partout ailleurs, enchaînement de scènes (à peu près) burlesques et (tout à fait) caricaturales.
(Je crois qu'il faudrait dire "satiriques" mais il y manque une bonne grosse dose d'humour euh de bon goût.)
De la caille-ra marseillaise dans toute sa gloire rusée (par contre faudra qu'on me dise où est le zoo à Marseille parce que je l'ai jamais vu, moi) au vagabond amusant qui prendra sous son aile le garçon à l'air abruti (note : il a été élevé dans un orphelinat plein de singes, il n'est pas abruti, il est seulement étranger à la civilisation occidentale) en passant par l'arnaqueur fasciste franchement détestable, les flics véreux et vilains. Une escale en hôpital psychiatrique et l'inévitable histoire d'amour censément touchante avec une grosse fille qui ressemble à un orang-outan.
Ici, l'histoire d'amour prend (évidemment) le pas sur le reste, le type à l'air abruti n'est plus seul pour affronter la terrible réalité satirisée ultra-brite de la vie et justement, c'est quand l'amoureuse perd subitement 70kg par la force de sa volonté que les choses se gâtent. Oh, le vilain diktat de l'apparence, maintenant qu'elle est mince, d'autres la trouvent désirable donc elle va s'envoyer en l'air avec un mec qui l'aidera à devenir chanteuse.
A la fin, le type devient fou, il tue tout le monde et meurt tout seul.
C'est le pire film que j'aie vu de toute ma vie (et même si j'ai pas vu beaucoup de films, j'en ai vu surtout des mauvais alors hein), une expérience vraiment intéressante.
(Dans le genre "humour satirique ridicule caricatural et un brin stupide", Serial Mother, c'était quand même beaucoup mieux. (Non mais rien à voir.))
[ http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=17806.html ]
(J'avais envie de le dire.)
Cousu de fil blanc en trois étapes :
/ Fantasmes en papier.
Je ne sais plus quand j'ai entendu parler de Kerouac la première fois, mais ça fait longtemps qu'on m'évoque les road trips passionnants (et certainement éreintants) de ses bouquins. Si je n'ai jamais osé le lire avant maintenant, c'est sûrement que je savais comme ces road trips me feraient envie.
Les Clochards Célestes de Kerouac sont étrangement fascinants et drôles. Et oui, bien sûr, leurs road trips me font vraiment envie. Cette route qui défile, la vie légère et sans autre but qu'elle-même, l'auto-suffisance et le rien-faire, c'est terriblement attractif. Cette route qui défile, c'est la liberté sous les semelles, la liberté au bitume et à chaque caillou, la liberté suprême.
Kerouac écrit avec malice et légèreté, les mots fluides défilent exactement comme l'asphalte sous les pieds. A température variable, claquants, déroulants, attendus. Il y a du sauvage et de la poussière, les sensations ont le goût du vécu et les images s'imprègnent dans les paupières comme si elles étaient des restes de nos propres souvenirs.
J'aime à penser qu'un jour, je ferai pareil (sans l'option bouddhisme), avec le monde autour de moi mais sans qu'il me touche.
Ah et puis, je ne saurais pas expliquer pourquoi (c'est comme ça, c'est tout), mais le Seeger Session de Springsteen (ou bien Ben Harper) me semble(nt) beaucoup mieux coller à ce bouquin que Vangelis. (C'était un message personnel.)
[ http://www.eleves.ens.fr/home/colonna/poemes/kerouac.html ]
/ Tout petit petit petit.
Des escaliers qui montent et des escaliers qui descendent, une expo avec de l'art et des nanotechnologies dedans.
(C'est rigolo.)
De troublantes vidéos frémissantes au milieu d'un paysage sonore tout aussi troublant, bouts de pièces hypnotiques un peu obscures où il (m')est à peu près impossible de faire autre chose que rester là à regarder et écouter sans trop pouvoir bouger pendant de longues minutes.
Des 'Femme invisibles', langoureuses sur écrans dans une salle très sombre, et qui donnent l'impression d'être suspendues au milieu de l'air, un relief étonnant et impalpable donc un vertige gênant.
Aussi (et surtout), ces projections sur un sol noir, des lettres dorées qui semblaient surgir du sol et se précipiter vers nous, puis peu à peu, former des textes (minuscules) joliment poétiques. L'hypnotique de l'image, celle du texte, celle du mystère de cette sensation franche, même si on les voit les petits projecteurs, que le texte s'échappe du sol noir puis se réfugie au creux de la main et parle.
Les nanotechnologies, c'est (tout petit) très intriguant et intéressant, déjà dans leur état naturel, encore plus couplées à l'art. Mais, bien sûr, c'est à peu près aussi compliqué que beau, je n'ai lu les panneaux qu'en travers mais je pense que j'y retournerai (avec Doki, elle veut y aller) pour ne plus me laisser juste fasciner par l'art et écouter mon côté (attention gros mot) scientifique essayer de comprendre.
Parce que si les arts envoûtent et réjouissent l'oeil (et l'âme) (mais oui), les sciences, quand même, c'est un peu elles qui donnent un côté rationnel (et donc un peu rassurant) au côté : oh, ouais, super, je suis tout petite et insignifiante face à l'infini -l'infiniment grand et l'infiniment petit.
[ http://www.art-outsiders.com/ ]
/ Comment jouer la garde-malade peut avoir un goût de révolution culturelle.
La télé, dans sa grande bonté, m'a permis de regarder un film tout à fait étonnant.
"Comme une bête" (de Patrick Schulmann).
Intriguée par les très forts et caricaturaux accents marseillais qui s'échappaient du poste de télévision, j'ai délaissé l'énorme livre sur Dali que je parcourais pour m'intéresser aux images en mouvement en face de moi.
Le port, de nuit, trois ou quatres gars genre petite frappe venus piquer des trucs et un type, l'air abruti, la voix ahurie, tout en innocence naïve et agileté de singe qui les en empêchera (un peu malgré lui). Ici et là et partout ailleurs, enchaînement de scènes (à peu près) burlesques et (tout à fait) caricaturales.
(Je crois qu'il faudrait dire "satiriques" mais il y manque une bonne grosse dose d'humour euh de bon goût.)
De la caille-ra marseillaise dans toute sa gloire rusée (par contre faudra qu'on me dise où est le zoo à Marseille parce que je l'ai jamais vu, moi) au vagabond amusant qui prendra sous son aile le garçon à l'air abruti (note : il a été élevé dans un orphelinat plein de singes, il n'est pas abruti, il est seulement étranger à la civilisation occidentale) en passant par l'arnaqueur fasciste franchement détestable, les flics véreux et vilains. Une escale en hôpital psychiatrique et l'inévitable histoire d'amour censément touchante avec une grosse fille qui ressemble à un orang-outan.
Ici, l'histoire d'amour prend (évidemment) le pas sur le reste, le type à l'air abruti n'est plus seul pour affronter la terrible réalité satirisée ultra-brite de la vie et justement, c'est quand l'amoureuse perd subitement 70kg par la force de sa volonté que les choses se gâtent. Oh, le vilain diktat de l'apparence, maintenant qu'elle est mince, d'autres la trouvent désirable donc elle va s'envoyer en l'air avec un mec qui l'aidera à devenir chanteuse.
A la fin, le type devient fou, il tue tout le monde et meurt tout seul.
C'est le pire film que j'aie vu de toute ma vie (et même si j'ai pas vu beaucoup de films, j'en ai vu surtout des mauvais alors hein), une expérience vraiment intéressante.
(Dans le genre "humour satirique ridicule caricatural et un brin stupide", Serial Mother, c'était quand même beaucoup mieux. (Non mais rien à voir.))
[ http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=17806.html ]
imitosis
10 septembre 2007
Les aventures précédentes :
Et d'autres trucs dans la galerie (en cliquant sur l'image).
(J'ai plus de piles, maintenant.)
En ce moment, c'est étonnant, j'ai des idées et des esquisses de projets.
Beaucoup d'attentes.
Des automatismes.
(où l'on joue à l'apprenti surréaliste)
(je suis pas Soupault, hein).
Entre la langue et la gorge, encre sur les doigts et pastel sous les ongles ; de temps en temps, traces dans le ciel et sourires en coin, attente, grain du papier, odeur de la menthe ; coupures sur la peau trop fine, marques indélébiles ; depuis les genoux jusqu'aux hanches, montagnes à escalader et voix familières lentement, creux du tympan, à l'intérieur les vaisseaux éclatent, guerre intergalactique et vertiges brumés.
Loin des lèvres sèches. Loin des yeux écarquillés. Loin des confidences balbutiées.
Dans les paumes invisible l'immense vide de nos vingt ans des échappées nocturnes solitaires des sentiers musicaux des pages tournées comme on s'élance du haut du pont des vitres brisées des fenêtres fermées clefs cassées dans la serrure lanière déchirée tissu arrachés avec les dents de travers avec les ongles qui saignent avec les paupières cousues cousues.
Sous la nuque trop lourde, le silence entier des veilles de vies jetées.
Et d'autres trucs dans la galerie (en cliquant sur l'image).
(J'ai plus de piles, maintenant.)
En ce moment, c'est étonnant, j'ai des idées et des esquisses de projets.
Beaucoup d'attentes.
Des automatismes.
(où l'on joue à l'apprenti surréaliste)
(je suis pas Soupault, hein).
Entre la langue et la gorge, encre sur les doigts et pastel sous les ongles ; de temps en temps, traces dans le ciel et sourires en coin, attente, grain du papier, odeur de la menthe ; coupures sur la peau trop fine, marques indélébiles ; depuis les genoux jusqu'aux hanches, montagnes à escalader et voix familières lentement, creux du tympan, à l'intérieur les vaisseaux éclatent, guerre intergalactique et vertiges brumés.
Loin des lèvres sèches. Loin des yeux écarquillés. Loin des confidences balbutiées.
Dans les paumes invisible l'immense vide de nos vingt ans des échappées nocturnes solitaires des sentiers musicaux des pages tournées comme on s'élance du haut du pont des vitres brisées des fenêtres fermées clefs cassées dans la serrure lanière déchirée tissu arrachés avec les dents de travers avec les ongles qui saignent avec les paupières cousues cousues.
Sous la nuque trop lourde, le silence entier des veilles de vies jetées.
je laisse ma tête au vestiaire et je me mets à table
9 septembre 2007
Je renverse mon café et je mets le pied dans ma tasse de thé. Je parle avec doki au téléphone et j'écris à Mylène assise sur mon lit. Je me couche trop tard quand il faut se lever tôt et je mange en regardant Friends sur M6. Alors, finalement, habiter seule à Paris, ce n'est pas tellement différent. Même si je mange de la ratatouille surgelée et que je ne peux pas prendre de bain. Et puis, ici, l'eau est tellement chaude que je peux me faire du thé (ou du café) sans la faire chauffer.
Pourtant, quand le parquet craque quelque part derrière un mur, quand quelqu'un marche dans le couloir, parle dans la pièce d'à côté, quand la vie extérieur vient s'immiscer dans l'espèce de petit cocon de 9m² mansardés que j'essaie de me construire, je prends brusquement conscience de mon isolement. Chaque fois, il me faut quelques secondes pour me rendre compte que ce n'est pas un craquement de plancher familier. La vie s'agite autour de ma porte dans des veines inconnues et des bruits de clefs sans visage.
Cette nuit, mon père et mes soeurs combattaient un dragon. Une histoire épique qu'ils racontaient à grands renforts de détails, de mimes et de bruits. A la fin de l'aventure, mes paupières se sont ouvertes en deux temps. Une première fois avec l'image déjà imprégnée de la pénombre teintée de vert et de jaune, la seconde avec l'image réelle du vieux tissu bleu marine tendu devant la fenêtre.
Je m'ennuie un peu et je regarde les traces des avions dans le ciel. Et puis il y avait cette vague impression que Bob voulait se réinstaller dans la chambre que je n'avais pas débarassée et que je gardais à sa disposition au cas où. Sauf que, Bob, il n'était pas censé revenir si tôt. C'est en lisant un petit dépliant sur les mystères et la magie des nombres, dans la grande cuisine en attendant Juliette et Olivia. Les nombres univers, la conjecture de Goldbach. Je l'ai entendu frapper franchement à la porte. Calme-toi. Pour les doubles cursus, il aurait fallu que je ne gaspille pas toute la réserve de temps qu'il y avait dans ma poche.
Il n'y a pas beaucoup de place ici, mais tu peux amener ton sac de couchage.
L'upmc offre une formation par correspondance pour un second cycle de maths.
Pourtant, quand le parquet craque quelque part derrière un mur, quand quelqu'un marche dans le couloir, parle dans la pièce d'à côté, quand la vie extérieur vient s'immiscer dans l'espèce de petit cocon de 9m² mansardés que j'essaie de me construire, je prends brusquement conscience de mon isolement. Chaque fois, il me faut quelques secondes pour me rendre compte que ce n'est pas un craquement de plancher familier. La vie s'agite autour de ma porte dans des veines inconnues et des bruits de clefs sans visage.
Cette nuit, mon père et mes soeurs combattaient un dragon. Une histoire épique qu'ils racontaient à grands renforts de détails, de mimes et de bruits. A la fin de l'aventure, mes paupières se sont ouvertes en deux temps. Une première fois avec l'image déjà imprégnée de la pénombre teintée de vert et de jaune, la seconde avec l'image réelle du vieux tissu bleu marine tendu devant la fenêtre.
Je m'ennuie un peu et je regarde les traces des avions dans le ciel. Et puis il y avait cette vague impression que Bob voulait se réinstaller dans la chambre que je n'avais pas débarassée et que je gardais à sa disposition au cas où. Sauf que, Bob, il n'était pas censé revenir si tôt. C'est en lisant un petit dépliant sur les mystères et la magie des nombres, dans la grande cuisine en attendant Juliette et Olivia. Les nombres univers, la conjecture de Goldbach. Je l'ai entendu frapper franchement à la porte. Calme-toi. Pour les doubles cursus, il aurait fallu que je ne gaspille pas toute la réserve de temps qu'il y avait dans ma poche.
Il n'y a pas beaucoup de place ici, mais tu peux amener ton sac de couchage.
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